Il y a des films auxquels il faut faire un peu de place.
Il faut, pour eux, que des festivals les montrent.
Que des spectateurs y réfléchissent : Que les temps s’accordent.
Qu’un jury, accessoirement, les aiment. En se demandant :

Quelle humanité et quels terrains, le cinéma, aujourd’hui, doit filmer ?
Quelle position, et surtout pas quelle posture, quelle place, soutenir.
De quel côté se tenir.

Le prix Camira du long-métrage est attribué à un film simple, quoique labyrinthique.
Un film très peu « branché » : un film pour les abominables.


Pas un film de plus sur les rroms, pas un film de moins sur les familles roumaines.
Un film de cinéma. 
C’est a dire une brisure, à la fois fragile et tranchante.
En pellicule, en vidéo, en vies.

On l’a bien compris, vivre c’est souffrir, tous les films le répètent à l’envie.
Mais, concrètement, vivre c’est aussi se battre. 
C’est ce que voudrai dire ce prix Camira.
Se battre pour du commun, avec du cinéma, pour demain.

Alors, pour son honnêteté et ses trajectoires.
Pour ce qu’il brise, ouvre et invente, plutôt que ce qu’il intègre.
Pour ce qu’il pense à destination des autres, ici et ailleurs. 
Nous avons décidé de récompenser, avec grande conviction,

Le film de Jérémy Gravayat, A Lua Platz
En lui remettant le Prix Camira du Long-Métrage.

[Robert Bonamy, Alain Hertay, Messaline Reverdy.
Jury Camira - Festival Entrevues, Belfort - Novembre 2018]

Discours de la remise du prix Camira du long-métrage 2018

Plus d'informations sur Camira, cinema & moving image research assembly : 

www.camira.org

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Tag(s) : #Projections et actualités

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